Catéchèses dominicales

''Quand vous avez reçu de nous la Parole de Dieu, vous ne l’avez pas reçue comme une parole simplement humaine. Vous l’avez prise pour ce qu’elle est vraiment : Dieu qui vous parle et qui agit en vous maintenant, vous qui lui faites confiance.''

1 Th 2 13

La catéchèse dominicale est un temps que l'on prend pour approfondir notre foi. La catéchèse permet de questionner son expérience personnelle à la lumière de l'expérience biblique.Le mot catéchèse veut dire  FAIRE ÉCHO, FAIRE RÉSONNER. C'est dans cet optique que nous voulons faire vivre les catéchèses dominicales.
Durant la catéchèse dominicale, à travers  l'enseignement, la proclamation de la Parole de Dieu, les chants, les échanges, les prières... , nous souhaitons que les personnes qui y participent sentent de plus en plus leur appartenance au Christ et deviennent des disciples avec une ouverture plus grande sur les autres. Peut-être développeront-elles des façons de voir les événements de leur vie personnelle, familiale et sociale avec les yeux de l'Évangile et seront en mesure de témoigner dans le monde au nom de leur foi pour bâtir un monde de justice, de paix et d'amour.
La catéchèse s'insère dans une célébration eucharistique dominicale ( la messe) pour permettre à plus de gens possible de profiter de cet enseignement.
Nous espérons que cette formule rejoigne les gens dans leur expériences de vie et les fassent grandir dans leur foi.

Catéchèses dominicales 2018-2019

Automne 2018

ALLEZ! EN AVANT LA MISSION!

A- Le 8 septembre dernier, plus de 1200 baptisés engagés étaient réunis au Centre de foires pour la rentrée pastorale diocésaine. Si vous étiez du nombre, vous vous souvenez sans doute que Monseigneur Lacroix nous a lancé l’invitation suivante: «Allez! En avant la mission!», en précisant qu’il est toujours l’heure d’évangéliser pour un disciple-missionnaire.

B- Un disciple-missionnaire, c’est tout simplement un baptisé défini en deux mots inséparables, car en faisant de moi son disciple, Jésus personnalise en moi sa mission. Il ne change pas mon identité profonde, il la bonifie. Jésus sait bien qu’un pommier ne donnera jamais d’oranges… mais si je demeure enraciné en Lui, avec la Grâce de Dieu et la force de l’Esprit, je porterai des fruits abondants et savoureux, selon ma nature.

A- Juste par mon existence, j’exerce une mission en ce monde. Mais par mon baptême, je deviens la mission spéciale de Jésus. Pouvez-vous me donner un exemple concret où vous avez été mission spéciale dans la vie d’une autre personne? Ou bien quelqu’un d’autre l’a été pour vous?

On constate que c’est à partir de nos outils personnels que le Seigneur façonne notre cœur pour en faire un donneur et un receveur compatible avec les autres.

B- Certains disciples-missionnaires possèdent un coffre d’outils bien garni, rempli de talents, d’idées et de projets. D’autres ont un équipement plus modeste, mais savent utiliser leur temps pour écouter, aider, visiter et prier. Il y en a qui se sentent démunis à cause de leurs limites physiques ou psychologiques. Et plusieurs ont abdiqué devant la maladie, la souffrance et les épreuves, en soupirant: «mission impossible!»

A- Quand on y pense, c’est difficile d’être plus dépourvu qu’un bébé naissant. Dans un état d’abandon total, Il n’a rien d’autre à offrir que ses pleurs, sa faim, son sommeil instable, sa dépendance et sa couche pleine. Pourtant, juste en étant ce qu’il est, il arrive à rassembler famille et amis, à susciter la joie et l’émerveillement, à solliciter ce qu’il y a de meilleur en nous…

B- Ton exemple fait réfléchir. Il me fait penser à la veuve dans l’évangile d’aujourd’hui. Son humble contribution est offerte sans demi-mesure. Elle a tout donné à cause de sa foi en Dieu. Son don total nous ramène à celui de Jésus sur la croix. Il a offert sa vie pour nous sauver, confiant en la promesse de résurrection de son Père.

A- Le récit de la veuve n’est pas à prendre au pied de la lettre. Jésus ne nous demande pas de vider notre compte de banque ni de mettre volontairement notre vie en péril pour aider les autres. Il souhaite seulement demeurer au centre de nos vies, dans le feu de l’action, là où se côtoient la joie et la souffrance. Il veut faire de notre cœur son atelier. Être disciple-missionnaire, c’est lui confier tous nos outils pour qu’il nous enseigne comment s’en servir. C’est le laisser utiliser nos abondances et nos manques pour nous apprendre à donner et à recevoir.

B- À chaque instant de ma vie, Jésus m’interpelle: «Offre-moi tes richesses, tes pauvretés et même ta maladie et ta souffrance. Offre-moi donc tout ce que tu es et ce que tu vis. Et moi, Jésus, par l’action de l’Esprit, je vais sanctifier ton don. Je vais l’offrir au Père avec Ma Vie pour qu’il transforme ce don en source de résurrection. Grâce à ton humble contribution, une multitude sera rassasiée d’amour, de pardon, d’espérance, de nourriture, de bien essentiels, ou du bonheur de partager.

A- Faire cela en mémoire de Jésus ne s’arrête pas aux pieds de l’autel… L’eucharistie, c’est aussi être don et accueil pour mon prochain en offrant au Christ chaque instant de ma vie. Je lui rends grâce parce que je me rappelle qu’il m’a d’abord donné Sa Vie gratuitement, par amour, pour que je puisse en vivre pleinement.

B- Il n’y a pas de temps mort pour un disciple-missionnaire puisque nous sommes tous porteurs de résurrection. Nous devons être comme un ordinateur en mode veille, toujours prêts pour la tâche, toujours prêts à évangéliser en confiant à Jésus la mise à jour de notre capacité de don et d’accueil. Évangéliser, c’est m’offrir au Christ pour qu’il me rende capable d’annoncer aux autres qu’il est vraiment ressuscité et qu’il nous a tous intégrés à sa victoire parce qu’il nous aime. Concrètement, il passe par chacun de nous pour rejoindre les autres.

A- Oui, nous croyons que le Christ reviendra dans la gloire au moment fixé par le Père. Mais en attendant, il fait tout plein de petits retours dans le quotidien de nos vies à travers les gens et les événements. Ce serait dommage de rater ces rendez-vous juste parce qu’on a oublié de rester allumés, parce qu’on n’a pas osé lui confier notre mise à jour, ou parce qu’on a verrouillé notre coffre d’outils…

B- L’invitation à aller de l’avant, c’est pour maintenant, avec ce que l’on est présentement, pas plus, pas moins. Aux yeux de Dieu, le peu des uns vaut autant que l’abondance des autres quand on lui offre la chance de prendre sa mesure à partir de notre cœur.

A- Si jamais vous croisez Monseigneur Lacroix, c’est possible qu’il vous demande tout bonnement «quelle heure est-il?». N’allez surtout pas lui indiquer l’heure de votre montre. C’est pas ça qu’il veut savoir. Il est en train de vous faire passer le test du disciple-missionnaire. Quelle heure est-il selon vous? (C’est l’heure d’évangéliser!) Voilà! Vous avez tout compris. Maintenant, «Allez!» En avant la mission!

 

Printemps 2019

«M'AIMES-TU VRAIMENT?»

A- Avez-vous déjà vu un champ de patates à l’automne? On dirait que tout a séché sans rien donner. Ça me fait penser au monde d’aujourd’hui: les guerres, les migrants, les scandales dans l’Église et ailleurs, les conflits dans nos familles et parfois même dans nos communautés chrétiennes. Il me semble que nous sommes bien loin de la promesse d’une vie en abondance, d’un Esprit Saint toujours présent et d’une Église plus forte que la mort. Cultiver notre espérance dans le contexte actuel, avouez que ce n’est pas évident.

B- Moi, j’imagine les apôtres enfermés au Cénacle après la mort de Jésus. Ils viennent de perdre leur ami, leur guide spirituel, leur Sauveur. Ils avaient tout laissé pour le suivre, et maintenant, ils risquent même d’y laisser leur peau. Je devine l’angoisse, la tristesse, le sentiment d’échec et la honte qui les habite. Quand on a la mort dans l’âme et la peur au ventre, l’espérance de la résurrection, ça ne doit pas être évident non plus.

A- Pourtant Thomas est sorti quand même. On dirait que la mort ne l’empêche pas de vivre. La preuve: il a jadis proposé d’accompagner Jésus en Judée pour sauver Lazare au risque d’être lapidé. En matière d’espérance, il porte bien son nom de jumeau. Il est comme Jésus. Il sait que la vie est plus forte que la mort. Il est juste un peu surpris que la victoire soit si rapide pour Jésus. Nous aussi nous sommes les jumeaux de Thomas quand nous avons l’audace de vivre en disciples-missionnaires dans la société actuelle.

B- C’est vrai que nous lui ressemblons à Thomas, mais en mieux, vous ne trouvez pas? Nous arrivons à croire que Jésus est mort et ressuscité pour nous sauver même si personne ici n’était présent lors de ces événements. Nous faisons partie des heureux dont parle Jésus dans sa béatitude. Nous croyons sur parole que le Seigneur est ici au milieu de nous parce que nous sommes réunis en son nom. À bien y réfléchir, c’est grâce au témoignage de foi d’autres personnes que nous sommes baptisés et que notre foi se raffermit.

A- Heureusement, car pour marcher à la suite de Jésus, de nos jours, nous avons besoin d’une foi musclée qui n’a pas peur de se mouiller, un peu comme Simon-Pierre. En apprenant que c’était le Seigneur sur le rivage, Il a plongé sans hésiter. Il a même remonté à lui seul le filet débordant que les autres disciples avec leur barque avaient du mal à traîner. C’est là le sens de notre baptême… Croire que le Seigneur est toujours là pour nous relever de nos nuits et nous rassasier de sa vie en abondance afin que fortifiés par sa présence, nous puissions, à notre tour, partager le goût de Dieu aux autres.

B- L’exemple de Simon-Pierre nous démontre l’importance du témoignage des autres pour nous aider à croire. Nous avons, nous aussi, rencontré des témoins dans notre vie de foi. Pouvez-vous nous partager quelques-unes de vos expériences? (recueillir quelques témoignages) D’après vos témoignages, on dirait bien que l’amour sous toutes ses formes est un terreau fertile pour faire l’expérience de Dieu. C’est normal car Dieu est amour et l’amour vient de Dieu nous dit Saint Jean dans sa 1re lettre.

A- Avez-vous réalisé que le premier à croire en entrant dans le tombeau vide et le premier à reconnaître le Seigneur en voyant le filet plein de poissons, c’est le disciple que Jésus aimait? C’est le même disciple qui s’est penché sur le cœur de Jésus au dernier repas et qui a accueilli Marie comme mère aux pieds de la croix. Parfois, on aurait besoin d’un amour aussi fort pour arriver à contempler Jésus ressuscité chez notre prochain et pour que les autres réussissent à le reconnaître en nous car, faut pas se le cacher, nous ne sommes pas parfaits.

B- L’agriculteur qui aime sa terre et son métier sait deviner d’un simple regard l’abondante récolte dissimulée sous l’agonie de son champ de patates à l’automne. Ainsi, plus notre regard sera attendri par l’amour de Dieu, mieux nous saurons distinguer, au-delà des traces de la mort, les signes d’une vie nouvelle autour de nous. Même si ça ne semble pas toujours évident, Dieu continue de créer du beau et du bon dans notre monde, l’Esprit Saint honore son contrat et Jésus ressuscité n’abandonne pas ses disciples ni son Église.

A- Pour être chrétien aujourd’hui, ça prend une foi aussi forte que Pierre, une espérance aussi audacieuse que Thomas, mais surtout un amour aussi sensible et bienveillant que le disciple que Jésus aimait. N’oublions jamais que c’est grâce à l’Amour et à la miséricorde de Dieu que la Vie a pu jaillir du tombeau au matin de Pâques. L’amour n’est pas facultatif dans notre vie de baptisé: il est fondamental. C’est peut-être pour cela que Pierre a dû passer le test de l’amour inconditionnel trois fois plutôt qu’une. Après ses trois échecs du reniement, il avait besoin d’être confirmé dans sa capacité d’aimer avant de prendre en charge la foi et l’espérance de l’Église naissante à la suite de Jésus.

B- Aujourd’hui, Jésus ressuscité pose son regard sur chacun de nous et nous interpelle: toi, m’aimes-tu assez pour me reconnaître et accueillir ma vie même quand les ténèbres ont réussi à ébranler ta foi et ton espérance? M’aimes-tu assez pour m’aider à soigner mon Église qui a mal? M’aimes-tu assez pour entendre le murmure de mon Esprit Saint qui te dit: creuse la terre, avance au large, regarde à droite, mais surtout, n’oublie pas de prier le maître d’envoyer des ouvriers car les signes de l’abondance sont réellement présents? Si ta réponse est oui, alors suis-moi! Bonne pêche et bonne récolte!

 

 

Catéchèses dominicales 2017-2018

En 2017-2018, nous avons eu deux catéchèses, les thèmes ont été:

  • UNE ÉGLISE EN CHANGEMENT
  • DES PORTES S'OUVRENT...


Bonne réflexion !


Automne 2017

UNE ÉGLISE EN CHANGEMENT

INTRODUCTION

Bienvenue à cette célébration au cours de laquelle nous vivrons notre première catéchèse dominicale de l’année pastorale. Comme sujet, nous vous proposons «une Église en changement».

Dans notre réalité humaine tout est en perpétuelle transformation… L’Église n’y échappe pas, elle est dans le monde, Jésus l’a voulue ainsi. Ensemble et éclairés par la Parole de Dieu, nous essaierons de porter un regard rempli d’espérance sur ces changements qui nous remuent comme pierres vivantes.

ACTE PÉNITENTIEL

Ensemble, reconnaissons que notre marche de Peuple de Dieu n'est pas toujours fidèle au parcours proposé.

Nous sommes les pierres vivantes de ton Église. Pour toutes les fois où nos actions la défigurent, Seigneur, prends pitié.

Ton Esprit est toujours là pour nous guider. Pour toutes les fois où nous préférons compter sur nos propres moyens, ô Christ, prends pitié.  

Tu permets à ton Église d'évoluer au cœur du monde. Pour toutes les fois où nous refusons le changement, Seigneur, prends pitié.

Que Dieu tout-puissant pose un regard miséricordieux sur son Peuple en marche, qu'il pardonne ses lenteurs et ses égarements et qu'il le conduise, par son Esprit, à la vie éternelle, Amen.

DÉBUT DE LA CATÉCHÈSE

A- La société est en constante évolution. L'Église aussi car elle s'enracine au cœur du monde. Quels changements, positifs ou négatifs, remarquez-vous dans l’Église depuis quelques années? (Questionner l’assemblée)

Et toi, (prénom catéchète B), trouves-tu que l’Église est en changement?

B- Oui! C’était d’ailleurs l’objectif du concile Vatican II: faire souffler un vent de changement sur l’Église! 55 ans plus tard, on dirait qu'un ouragan a provoqué sa séparation d'avec l'État en balayant de la société son pouvoir, sa popularité et sa pertinence. À l'échelle paroissiale, c'est l'état d'urgence. Les fidèles augmentent en âge et diminuent en nombre, les lieux de culte sont menacés faute de budget et il y a pénurie de prêtres... L'Église est prise dans un tourbillon qui détruit ce qu'on voudrait conserver tout en faisant stagner ce qu'on aimerait voir évoluer.

A- Moi, quand je songe à l’Église présentement, c’est l'image d'un jardin à l'automne qui me vient en tête. On doit se rendre à l'évidence: nos efforts et nos bons soins de l'été n'ont pas su l'empêcher d'agoniser. Et voilà que l'hiver s'apprête à l'ensevelir! Pour notre jardin, ça va. C'est du déjà vu. Nous savons que ce désert blanc permettra à la terre de se restaurer afin d'accueillir la vie nouvelle du printemps. Mais pour l'Église de Québec, l’automne se prolonge et nos inquiétudes sont justifiables car l'inconnu, ça fait peur.

B- Heureusement, Jésus a pensé à nous avant de retourner vers son Père. Il a fait deux promesses importantes en nous confiant son projet d'Église. Si tu veux, nous allons les redécouvrir ensemble.

L- De l'évangile de Matthieu (Mt 16, 18)
«Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.»

L- De l'évangile de Jean (Jn 14, 16)
«Je demanderai au Père de vous donner quelqu'un d'autre pour vous aider, l'Esprit de vérité, afin qu'il soit toujours avec vous.»

A- C'est rassurant de savoir que la mort n'aura pas le dernier mot sur l'Église, et que l'Esprit nous accompagne. Cette espérance nous aide à regarder à travers l'œil de l'ouragan, là où tout est calme. Quand on pose un regard apaisé sur notre situation actuelle, on arrive à distinguer, tels des perce-neige, les signes précurseurs d'une Église nouvelle qui émerge...

B- Tu as raison, nos bouleversements dissimulent des changements positifs! Par exemple ici, nos communautés chrétiennes se sont rassemblées, mettant en commun leurs forces et leurs ressources pour créer la paroisse Bon-Pasteur. Des baptisé(e)s ont fait preuve de coresponsabilité en formant des équipes d'animation locale (EAL) et des équipes pour les célébrations dominicales de la Parole. Sans compter tous les autres bénévoles qui embellissent la vie de notre paroisse.

A- C'est vrai que la paroisse Bon-Pasteur est un bel exemple d'adaptation positive face au changement. Moi, ce qui m'encourage également, c'est d'être témoin chaque jour de gestes d’accueil, d'amour, de justice, de pardon, et de paix. Je constate que nos valeurs chrétiennes survivent aux épreuves de l'Église. Cela me confirme dans mon rôle de pierre vivante et disciple-missionnaire. Je me sens appelé(e) à être visage de Dieu même au cœur de la tourmente, en dépit des contraintes. Le Pape François nous invite d’ailleurs à s’ouvrir aux réalités contemporaines pour aller vers les autres, à être une Église en sortie, une Église qui va au-delà de ses murs.

B- Certainement! Il n'en demeure pas moins que notre Église actuelle se sent bousculée, parfois même dépassée, par tant de changements. On dirait que Dieu souhaite la faire renaître d'en haut et la préparer pour son baptême dans l'Esprit... Mais le processus d'enfantement est difficile. Elle a du mal à sortir de sa zone de confort et à accepter de plonger dans l'imprévisible, là où l'Esprit Saint se manifeste et ouvre des portes insoupçonnées.

Comment cela se fera-t-il? Je ne suis pas la première (le premier) à me poser cette question... Écoutons un extrait de l'évangile de Jean à ce sujet.

L- De l'évangile de Jean (Jn 3, 1-9)
Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : «Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui.» Jésus lui répondit: « Amen, amen, je te le dis: à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu.»

Nicodème lui répliqua: «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître?» Jésus répondit: «Amen, amen, je te le dis: personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit: il vous faut naître d’en haut.

Le vent souffle où il veut: tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit.»

Nicodème reprit: «Comment cela peut-il se faire?»

A- Dans l'Église de Québec, nous vivons l'automne: une saison plutôt sombre et austère. La suite logique, c'est l'hiver. Pourtant c'est dans cette direction que l'Esprit nous conduit... La tentation est forte de regarder en arrière, de se tourner vers le passé, au risque d'être pétrifiés par la nostalgie, l'amertume et la peur de perdre nos acquis. Rappelons-nous que nous sommes le sel de la terre! S'il se fige en statue, il ne donnera plus de saveur à la Mission.

B- Et si on abordait ces changements dans la perspective d'un appel à la conversion, d'une invitation à retrouver un cœur et un regard semblables à ceux des petits? Pour un enfant, l'automne, c'est jouer dans les tas de feuilles mortes en attendant avec fébrilité la première neige... Finalement, ça peut être beau et agréable l'automne quand notre regard ne s'arrête pas uniquement sur ce que l'on est en train de perdre.

A- Dieu sculpte nos cœurs à l'image du sien: capables d'aimer, d'accueillir, de pardonner, de s'adapter, de créer. Il nous donne l’espérance de la résurrection pour que notre vision dépasse la mort. Encore faut-il vouloir se laisser transformer et accepter de changer nos mentalités et nos comportements. L’Amour de Dieu est le mortier qui permet à l'Église de prendre forme à partir des pierres vivantes que nous sommes. C'est en demeurant connecté à Lui par la prière que nous pouvons recevoir à chaque instant, de son Esprit, les indications pour la route, Sa route, celle qui nous fait renaître pas à pas.

Prêtre- Seigneur, nous formons ton Église. Face aux changements qui nous interpellent, ne laisse pas la peur nous dominer et nous enfermer dans le passé. Garde-nous tournés vers l’avenir avec un regard pur et une attitude d'accueil, d'amour inconditionnel, de miséricorde et de service. Rassure nos pas par la présence de ton Esprit et renouvelle notre vie d'Église en restaurant en profondeur chacune des pierres vivantes que nous sommes, Amen.

PRIÈRE UNIVERSELLE

Prêtre- L'Église n'a pas l'initiative de sa route. C'est Dieu qui la conduit par son Esprit. En tant que pierres vivantes, la tentation est forte de se laisser distraire, de vouloir tout contrôler, de regarder en arrière.

Après chaque intention, nous répondrons : «Seigneur, fais renaître ton Église».

L- Pour les dirigeants de l'Église, afin que leurs décisions soient inspirées par l'humilité et le désir de faire ta volonté, Seigneur, fais renaître ton Église.

L- Pour les pasteurs des différentes communautés chrétiennes, afin qu'ils exercent un leadership bienveillant et respectueux du cheminement de chaque personne, Seigneur, fais renaître ton Église.

L- Pour les diacres, les agents et agentes de pastorale, les personnes intervenantes et les catéchètes, afin que les paroles qui sortent de leur bouche soient celles que tu as déposées dans leur cœur, Seigneur, fais renaître ton Église.

L- Pour tous les baptisé(e)s de nos communautés, afin qu'ils se sentent coresponsables de ta Mission et qu'ils gardent, face au changement, un regard rempli d'espérance, Seigneur, fais renaître ton Église.


Prêtre- Seigneur, nous le savons, ton Église ne sera pas anéantie par la mort, car tu as déjà sauvé chacune de ses pierres vivantes. Fais-nous renaître, par ton Esprit, à notre véritable identité. Rappelle-nous que le règne, la puissance et la gloire n'appartiennent qu'à toi seul pour toujours. Amen


Printemps 2018

DES PORTES S'OUVRENT...

MOT D'ACCUEIL (A)

En ce dimanche du Bon Pasteur, notre fête patronale, nous vous proposons une catéchèse dominicale ayant pour thème «des portes s'ouvrent...».

INTRODUCTION À LA CATÉCHÈSE (B)

Dans les catéchèses précédentes, nous avons pris conscience que nous sommes pierres vivantes et disciples-missionnaires dans une Église en changement, car elle tire son origine du Mystère Pascal. Changer, c'est traverser une situation de mort et s'en sortir vivants, parce que Jésus, chemin de vie, nous a précédés par sa mort et sa résurrection. Quand nous lui ouvrons la porte de notre cœur et que son Esprit nous guide, des portes s'ouvrent en nous et à travers nous.

En ce début de catéchèse, accueillons d'abord la Parole de Dieu et laissons-nous éclairer et transformer par elle.

LECTURE DE LA PAROLE DE DIEU (L)

Le bon berger: Jn10,1-10;14-16

«Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers.»

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole: «Amen, amen, je vous le dis: Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer; il pourra sortir et trouver un pâturage.

Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. (…) Moi, je suis le bon pasteur; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis.

J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos: celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Parole du Seigneur.

DÉBUT DU DIALOGUE

A- Dans cet extrait d’Évangile, Jésus est un peu comme nos téléphones intelligents: il a plusieurs fonctions. Il est à la fois la porte et le pasteur. Il est ce bon berger qui appelle personnellement chacune de ses brebis et les fait sortir de l'enclos en les confirmant d'une p'tite poussée. Il est leur passage, et aussi leur guide, leur protecteur et leur sauveur. Il offre, en bonus, un accès illimité à la vie en abondance. C’est ce qu’on appelle un forfait tout inclus! En plus, c'est totalement gratuit! Jésus a réglé la facture une bonne fois pour toutes sur la croix. Tout ce qu'il nous demande maintenant, c'est d'y croire, de lui faire confiance et de le suivre.

B- Notre baptême a fait de nous des disciples-missionnaires. Nous sommes à l'école de Jésus. À sa suite, il nous invite à guider les autres, à leur ouvrir des portes; mais aussi à être une porte ouverte qui le laisse circuler librement. Par Lui et avec Lui, nous participons à sa Mission de Pasteur; et en Lui, nous devenons nous-mêmes une mission, un libre accès à sa Vie en abondance.

A- Comme le Christ, nous avons la double identité missionnaire de porte et de pasteur. Nous l'avons individuellement par notre baptême et collectivement comme communauté chrétienne. À chaque fois que nous laissons Jésus et son Esprit Saint diriger notre vie de baptisé et notre vie d'Église, nous devenons portes ouvertes et nous ouvrons des portes. Explorons quelques-unes de ces portes par lesquelles Jésus fait de nous ses témoins et rend son Église accueillante, en sortie, et bien vivante.

B- Je suis une porte ouverte lorsque par mon sourire, mon écoute, mes paroles réconfortantes et mes gestes d'amour, je favorise la rencontre de Christ. Et je deviens ouvreur, ouvreuse de porte lorsque, par exemple, je prends l'initiative d'une réconciliation, je consens à un compromis pour le bien de l'autre ou j'aide un ami à traverser une épreuve.

A- (Question aux gens de l'assemblée): Quelle(s) porte(s) avez-vous ouverte(s) récemment au nom de votre foi?

B- Nous pouvons également ouvrir des portes ou être porte ouverte ensemble, comme Église, dans les quatre pôles de la vie chrétienne communautaire. Notre grande paroisse Bon-Pasteur a un nom tout désigné pour être une communauté vivante par laquelle le Dieu de Jésus-Christ continue de se révéler. Notre projet pastoral oriente notre agir commun et son énoncé de mission atteste notre volonté d'unir nos forces afin que des portes s'ouvrent de l'intérieur comme de l'extérieur. Examinons de plus près cet énoncé...

L- «Ensemble, animés par l'Esprit, soyons témoins de Jésus-Christ dans notre monde d'aujourd'hui.»

A- «Ensemble», parce que l'union fait la force... Parce ça nous permet d'aller plus loin, comme nous le rappelle souvent Mgr Lacroix en s'inspirant d'un proverbe africain. Parce que Jésus nous a promis d'être au milieu de nous chaque fois que nous sommes rassemblés en son nom.

B- «Animés par l'Esprit» Car l'Esprit Saint est le compagnon de route envoyé par Jésus. C'est Lui notre carburant pour avancer et notre GPS pour s'orienter. On peut dire qu'il fournit à la fois l'essence et le sens à notre vie de baptisé et d'Église.

A- «Soyons témoins de Jésus-Christ» Voilà notre mission! Par nos gestes, nos paroles, nos actions et tous les fruits que l'Esprit fait jaillir en nous et dans nos communautés chrétiennes, nous annonçons aux autres que Jésus est bien vivant; que la mort n'aura jamais le dernier mot.

B- «Dans notre monde d'aujourd'hui» Parce que c'est ici et maintenant que Jésus appelle chacun de ses disciples et invite son Église à accueillir et à laisser circuler librement sa Vie en abondance.

A- Concrètement, des portes s'ouvrent dans le pôle prière et célébration quand nos rassemblements du dimanche sont accueillants pour les jeunes familles, les gens de passage, les confirmands adultes et les catéchumènes. Quand un baptême, une première des communions ou une confirmation d'adultes transforme notre messe habituelle en occasion privilégiée de célébrer la vie avec notre communauté chrétienne.

B- Des portes s'ouvrent dans le pôle éducation de la foi quand les jeunes et leurs parents découvrent en Jésus un ami fidèle. Lorsque des adultes en questionnement spirituel trouvent des points de repère grâce au parcours Alpha. Aussi par nos catéchèses dominicales qui alimentent notre réflexion.

A- Des portes s'ouvrent dans le pôle fraternité quand, par exemple, les chevaliers de Colomb organisent des déjeuners rassembleurs. Quand on propose à nos bénévoles un souper leur permettant de fraterniser. Et par d'autres activités favorisant la communion fraternelle comme la fête familiale de la rentrée, le souper-spectacle, la cueillette de l'eau de Pâques …

B- Des portes s'ouvrent dans le pôle engagement social lorsque les organismes d'entraide de notre paroisse répondent aux besoins des plus démunis grâce à la générosité des gens du milieu; aussi à travers les campagnes de Développement et Paix; et par l'engagement des chevaliers de Colomb en faveur de la communauté chrétienne.

A- Les portes sont nombreuses dans notre grande communauté chrétienne de Bon-Pasteur! Il y a l'équipe pastorale, l'assemblée de fabrique, le conseil d'orientation pastorale, les équipes d'animation locale, les secrétariats, le comité des communications et les nombreux groupes et mouvements. Il y a aussi chacun et chacune d'entre nous et tous nos rassemblements au nom de notre foi. Voilà autant de portes d'entrée dans l'Église, mais aussi des portes par lesquelles l'Église peut sortir de ses murs et rejoindre les périphéries de toutes sortes en se laissant interpeler par le Christ déjà là.

B- Des églises peuvent fermer et l'expression de notre foi se faire bâillonner; mais jamais on ne pourra mettre la clé dans la Porte qui mène à Dieu, car cette porte, c'est Jésus, notre Bon Pasteur. Tant que nous passons par Lui et que nous le laissons passer par nous, nous avons l'assurance d'ouvrir des portes et d'être une porte ouverte pour aimer à sa façon et partager l'abondance de sa Vie. Comme baptisés et comme Église, soyons porteurs de Sa Mission, soyons nous-mêmes une mission.

L- En guise de conclusion, voici quelques questions:

  • Dans ma vie de baptisé(e), suis-je plus souvent une porte ouverte ou une porte fermée?
  • De quelle manière j’accueille le Christ présent dans les autres, dans Sa Parole, dans son Eucharistie, dans mes moments de prière, pour le laisser entrer chez moi et me transformer?
  • Quelles portes ouvertes m'ont fait du bien et m'ont aidé(e) à rencontrer le Christ jusqu'à présent?
  • Sur quelles portes fermées me suis-je buté(e)?

  

Catéchèses dominicales 2016-2017

Automne 2016. 

Les différents visages de l'Église

(L=lecteur A=premier locuteur B=second locuteur)


Prêtre
Aujourd’hui, nous prenons le temps de reconnaître différents visages de l’Église. 
Écoutons d'abord un bref extrait des actes des apôtres nous révélant à quoi ressemblait l'Église naissante.
 
L- (Actes 2,42)  "Ils s’appliquaient fidèlement à écouter l’enseignement que donnaient les apôtres, à vivre dans la communion fraternelle, à prendre part au repas commun et à participer aux prières."

A- (s'adressant à l'assemblée): "Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez le mot ÉGLISE?" J’aimerais découvrir quelques-unes de vos réponses. (l’assemblée s’exprime)

(s'adressant  au locuteur B) Toi, ………, qu’est-ce qui te vient à l’esprit quand tu entends le mot ÉGLISE?

B- Pour moi, l'Église avec une grand "E", c’est d’abord l'ensemble de tous les baptisé(e)s chrétiens et chrétiennes, qui, par choix personnel ou par l'intermédiaire de leurs parents, sont devenus membres de la grande famille des disciples du Christ.
Avec un petit "e", l'église, c’est bien différent. C’est une bâtisse comme celle-ci ou les autres, qui offre à la communauté chrétienne un lieu de rassemblement pour célébrer sa foi, écouter la parole de Dieu, vivre l'eucharistie et s’unir dans la prière. 
Et toi, ……..., à quoi te fait penser le mot "ÉGLISE"?

A- À une pyramide. En haut, il y a le pape, les évêques, ensuite les prêtres, les diacres, les personnes mandatées, puis à la base, tous les autres baptisé(e)s.

B- À première vue, c'est vrai, mais permets-moi de nuancer. L'Église, c'est bien plus qu'une hiérarchie. C'est avant tout une assemblée de baptisé(e)s avec des fonctions et des charismes différents, mais tous importants, je dirais même essentiels pour assurer son bon fonctionnement. N'oublions pas que l'Église est sous la mouvance de l'Esprit qui répand son souffle sur tous les membres sans discrimination.

A- Sais-tu, je pense que tu as raison! D'ailleurs, c'est certainement sous l'action de l'Esprit que l'Église dévoile son visage missionnaire. Elle est dans le monde pour évangéliser et susciter de nouveaux disciples. Elle a une Bonne Nouvelle à annoncer: Dieu nous a aimés au point de nous donner son Fils unique pour nous sauver. Par sa mort et sa résurrection Jésus a ouvert un passage vers la vie éternelle. Il nous invite à le suivre. Pour moi, ça donne un sens à ma vie. Je suis en route et le Christ ressuscité est mon chemin.

B- Tout-à-fait! Et je crois que cet amour infini de Dieu manifesté en Jésus est le roc sur lequel l’Église est bâtie. En nous demandant de nous aimer les uns les autres, Jésus nous confie la responsabilité de montrer à nos frères et sœurs de quel amour ils sont aimés par Dieu. C'est à travers nos gestes d'amour mutuels que nous rendons témoignage à celui qui nous a aimés le premier. Ça me rappelle qu'un jour, Jésus a dit à Pierre : «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.» Il devait l’aimer profondément pour lui faire confiance à ce point-là!  Ainsi, l’Église se doit d'être le reflet de l'amour de Dieu pour l’humanité entière. C'est son essence même.

A- Je le pense aussi. Et de là découle un autre visage très important de notre Église: sa proximité avec les pauvres et les "petits". Au festin du Royaume, Dieu a convié tous ses enfants, sans exception. Il ne doit pas y avoir d'exclus. C'est pourquoi Jésus s'est occupé en priorité des personnes qui avaient le plus besoin de ressentir son amour bienveillant, miséricordieux et inconditionnel. Nous, comme Église, nous avons également cette responsabilité de faire en sorte que chaque être humain se sente inclus dans le peuple de Dieu et invité à la fête.

Prêtre
Les différents visages de l’Église que nous reconnaissons aujourd’hui sont à l’image de notre diversité humaine et chrétienne.
À bien y penser, nous sommes nous-mêmes différents visages de l'Église, autant de pierres vivantes appelées à bâtir ensemble une Église aux traits de Dieu: une Église communautaire et fraternelle où règnent l’amour, la communion, la justice, la bienveillance et la miséricorde. Car c'est à travers les différents visages de son Église que le Christ arrive à se faire connaître et reconnaître dans le monde.

B- Voyez comme nous sommes différents (prendre le temps de se regarder)  Nous allons maintenant chanter un chant d'intégration et au moment du refrain, levons nos pierres* qui sont de couleurs ou de formes différentes en pensant à chacun et chacune de nous. (* cartons en forme de pierres remis à l'accueil et portant l'inscription "je suis une pierre vivante")

Chant d’intégration : « À cause d’une croix » couplets 4, refrain, couplet 6 et refrain.

A- Si je comprends bien, dans l'Église, je suis comme une pierre vivante et Dieu compte sur moi pour se révéler d'une façon particulière?

B- Oui, nous sommes des pierres vivantes et c'est ensemble et avec nos différences que nous formons l'Église.

Écoutons un extrait de la Parole de Dieu qui vient nous éclairer sur notre manière d'être des pierres vivantes dans l'Église. (Jn 13, 33-35) 

L- ''Mes petits enfants, je n’en n’ai plus pour longtemps à être avec vous. 
Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres.''

Hiver 2017

ÊTRE DISCIPLE-MISSIONNAIRE

MOT D'INTRODUCTION

Aujourd'hui, nous vivons ensemble notre deuxième catéchèse dominicale de l'année pastorale. Lors de la première, nous nous sommes reconnus pierres vivantes d'une Église aux multiples visages. Cette diversité est une richesse à travers laquelle le Dieu Amour se manifeste. Animés par l'Esprit-Saint, nous devenons des disciples-missionnaires engagés à la suite de Jésus pour coopérer au règne de Dieu. Mais être disciple-missionnaire, ça se concrétise comment? Voilà le sujet de cette deuxième catéchèse.

AMORCE DE LA CATÉCHÈSE

Ensemble, prenons le temps d'explorer notre vocation de disciple-missionnaire. Écoutons d'abord deux extraits d'évangile pour mieux nous orienter vers ce sujet.

1-De l'évangile de Luc. (Lc 10,1-3.5.8-9)
Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. (...) Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord: "Paix à cette maison". (...) Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants: "Le règne de Dieu est tout proche de vous."»

2-De l'évangile de Jean. (Jn 20,21-22)
Il leur dit de nouveau: «La paix soit avec vous! Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie aussi.» Et quand il eut dit cela, il souffla sur eux et leur dit: «Recevez le Saint-Esprit.»

DIALOGUE: CATÉCHÈTES A ET B + LECTEURS

A - Avant d'entreprendre notre réflexion, j'aimerais savoir ce que signifie pour vous être "disciple-missionnaire"? ( interventions de l'assemblée)

Et pour toi, _________, être "disciple-missionnaire", ça veut dire quoi?

B - Honnêtement, cette expression me rebute un peu. "Disciple" ça ressemble trop à discipline, ça fait austère. J'imagine les disciples du temps de Jésus qui ont dû tout abandonner pour répondre à son appel. Ça me semble très engageant! Missionnaire, c'est encore pire! Je pense aux personnes qui consacrent leur vie aux œuvres humanitaires dans les pays du Tiers-monde. Réunir les deux mots, c'est presque inhumain!

A - Je crois que tu as besoin de précisions.

Être disciple, suppose qu'on se réfère à un maître. Le nôtre, c'est le Christ. Par notre baptême, nous devenons officiellement ses disciples.

Missionnaire, signifie qu'on a une mission, ou, si tu préfères, une tâche à accomplir. Le Christ nous confie la responsabilité de propager la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Il nous invite à être des témoins vivants de sa résurrection en pratiquant son commandement d'Amour. Rien n'empêche d'œuvrer à l'étranger, mais tu peux très bien être missionnaire ici, dans ton milieu de vie.

Un disciple-missionnaire, dans l'Église, c'est tout simplement un baptisé, une pierre vivante qui, avec l'aide de l'Esprit-Saint, assume son identité de disciple du Christ en prenant au sérieux la mission qu'Il lui a confiée.

B - Merci __________ pour ces explications! Ça me rassure!

J'ai une question: se pourrait-il que notre diversité en tant que pierres vivantes laisse présager qu'il existe plusieurs façons d'être disciple-missionnaire?

A - Tout à fait! Si tu veux bien, nous allons en explorer quelques-unes sous l'éclairage de la Parole de Dieu.

B - D'accord!

L 1 - De l'évangile de Marc (Mc 1,30-31a.35)
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta (...). Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.

A - Moi, je me sens disciple-missionnaire quand je prends le temps de prier car la prière nourrit mon action. Être en présence de Dieu, me laisser aimer et accueillir sa volonté, le remercier pour ses merveilles: voilà ma mise en route quotidienne pour la mission! J'en profite également pour confier au Seigneur les personnes qui souffrent et celles qui comptent sur ma prière. On peut faire beaucoup de bien aux autres en priant pour eux. Sainte-Thérése de l'Enfant-Jésus l'avait compris. On l'a d'ailleurs nommée sainte patronne des missions, elle, une religieuse cloîtrée.

L 2 - Extrait de l'évangile de Matthieu (Mt 25,40)
« En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.»

- Sais-tu ___________, quand je prends soin des autres à la manière de Jésus, je suis certainement disciple-missionnaire! Par exemple lorsque...[je prépare un bon repas pour ma famille en m'assurant que tous soient rassasiés], ou encore quand...[j'encourage une amie qui traverse une période difficile]. J'ose croire que je le suis également quand c'est à mon tour d'être vulnérable ou malade, car je permets à d'autres de rencontrer le Christ à travers moi et d'offrir le meilleur d'eux-mêmes par amour.

L 1 - Extrait des actes des apôtres (Ac1,8)
«Vous recevrez une force quand le Saint-Esprit descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.»

- À bien y réfléchir, je suis disciple-missionnaire quand, par la force de l'Esprit-Saint, je trouve le courage de témoigner de ma foi et de mes valeurs chrétiennes en paroles et en gestes. Par exemple, lorsque...[je défends mon point de vue religieux face à des gens qui se disent athées ou indifférents].

L 2 - Extrait de l'évangile de Luc (Lc 24,45)
«Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Écritures.»

- Parfois, en lisant la Parole de Dieu, je me sens habité(e) et transformé(e) par elle. On dirait qu'elle prend un sens nouveau, qu'une porte se déverrouille pour libérer un trésor inattendu. Quand ça arrive, c'est plus fort que moi, il faut que je partage ma découverte avec d'autres. Je me considère disciple-missionnaire car j'annonce la Bonne Nouvelle avec la conviction de contribuer à l'avènement du Royaume.

L 1 - Extrait de l'évangile de Matthieu (Mt 5,8-9)
«Heureux les cœurs purs: ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix: ils seront appelés fils de Dieu. »

A - Lorsque je suis authentique, c'est-à-dire conforme à mon identité profonde et fidèle à ce que Dieu attend de moi, j'éprouve une grande paix intérieure. J'ai l'âme d'un disciple-missionnaire car je suis disposé(e) à aider d'autres personnes à affronter leurs tempêtes. Par exemple... [je peux travailler à réconcilier ou rapprocher les parties dans une situation de conflit; ou bien aider un ami à résoudre un dilemme]. C'est cette même paix intérieure qui me pousse à pardonner quand quelqu'un m'a fait du mal ou encore à reconnaître mes torts et demander pardon s'il m'arrive d'être fautive (fautif).

L 2 - Extrait de l'évangile de Jean (Jn 11,25-26)
«C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?»

B - La vie comporte des moments difficiles: vieillissement, maladie, perte d'emploi, deuil...Moi aussi j'ai mon lot d'épreuves. Quand le malheur frappe, j'essaie de contempler le Christ en croix à la lumière du matin de Pâques. J'y découvre un chemin de Vie. La foi m'aide à me relever.

Lorsque je témoigne de ces épisodes de ma vie où ma foi m'a sauvé(e) et que je vois renaître l'espérance dans les yeux de l'autre, j'ai vraiment la sensation d'être disciple-missionnaire.

L 1 - Extrait de l'évangile de Marc (Mc 4,26-28)
«Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui jette la semence en terre: qu'il dorme ou qu'il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.»

A - À chaque fois que je place Dieu en premier dans ma vie en faisant confiance à sa providence, bien des soucis s'estompent et mon cœur devient léger. J'arrive à voir Dieu présent et agissant dans sa Création: je constate que son Royaume est déjà là. Ça transparaît sur mon visage et dans mes attitudes. Je me comporte en disciple-missionnaire car je traite les autres avec respect et dignité et j'essaie de préserver en bon état notre demeure commune, la Terre.

CONCLUSION

Nous savons maintenant qu'être disciple-missionnaire, c'est à notre portée. Nous partageons une mission commune, mais en versions personnalisées. Le Christ tient compte de la diversité de nos talents lorsqu'il nous appelle pour travailler à la moisson. Il sait bien que son Église est formée de pierres vivantes toutes différentes, mais complémentaires.

Le défi semble de taille, la moisson est abondante! Heureusement, nous ne sommes pas seuls: nous avons reçu l'Esprit-Saint. Ce compagnon de route nous guide et nous confirme dans nos capacités de disciple-missionnaire en mettant à notre disposition des dons diversifiés qui nous facilitent la tâche.

Pour conclure cette catéchèse et alimenter notre réflexion, nous proposons deux textes: l'un tiré de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens, et l'autre d'une audience du Pape François inspirée de son exhortation apostolique "La joie de l'évangile".

1 - De la 1re lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens. (1 Cor 12,4-11)
«Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter. Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.

2 - Extrait de l'audience générale donnée par le Pape François à la Place Saint-Pierre le mercredi 15 janvier 2014
«En vertu du baptême, nous devenons disciples missionnaires, appelés à apporter l’Évangile dans le monde. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation (...) Le peuple de Dieu est un peuple disciple — parce qu’il reçoit la foi — et missionnaire — parce qu’il transmet la foi. Et c’est ce qu’opère le baptême en nous : il nous donne la Grâce et transmet la foi. Dans l’Église, nous sommes tous disciples, et nous le sommes pour toujours, pour toute la vie ; et nous sommes tous missionnaires, chacun à la place que le Seigneur lui a assignée. Tous: le plus petit est également missionnaire ; et celui qui semble plus grand est disciple. Mais certains d’entre vous diront : " Les évêques ne sont pas disciples, les évêques savent tout ; le Pape sait tout, ce n’est pas un disciple ". Non, les évêques et le Pape doivent eux aussi être des disciples ; parce que s’ils ne sont pas disciples, ils ne font pas le bien, ils ne peuvent être missionnaires, ils ne peuvent transmettre la foi. Nous sommes tous disciples et missionnaires.»